L’électricité pour les voitures

 

électriques sera bientôt plus

 

chère que l’essence

 

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Jusqu’à présent, les propriétaires allemands de voitures électriques sont sortis relativement indemnes de la crise énergétique. Mais cela pourrait changer. Les prix de gros sur la bourse de l’électricité EEX de Leipzig ont atteint un nouveau record de 319 euros par mégawattheure à la fin de la semaine dernière. Cela signifie qu’ils ont plus que triplé depuis le début de l’année.

 

Rien qu’au cours des trois dernières semaines, le prix du kilowattheure sur les bourses est passé de 22 à 31 cents. Cela représente une augmentation de 41 % et ne doit pas être confondu avec les prix à la consommation. Ces derniers sont nettement plus élevés. Même la suppression de la taxe EEG de 3,7 centimes n’a pas pu arrêter la méga-inflation. Et cette hausse ne s’est pas encore vraiment répercutée sur les prix des stations de recharge.

Des fournisseurs individuels tels que Hamburg Energie ont déjà annoncé en juin, c’est-à-dire avant le nouveau choc inflationniste, qu’ils allaient augmenter les prix de plus de 60 %.

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L’avantage du prix pourrait se transformer en désavantage

Depuis avril, le kilowattheure coûte un peu moins de 40 centimes pour la charge normale et près de 50 centimes pour la charge rapide. Si les fournisseurs répercutent l’augmentation de 310 % du prix de la bourse de l’électricité EEX de Leipzig sur les consommateurs, la conduite d’une voiture électrique pourrait bientôt devenir très coûteuse. Selon Auto-Bild, des prix de 1,10 euros par kilowattheure sont actuellement en discussion. Avec une consommation moyenne de 19 kWh par 100 kilomètres, cela correspondrait à un prix de plus de 21 euros.

Cela signifie que le coût de la conduite d’un véhicule électrique serait environ 50 % plus élevé que pour une mobilité avec des moteurs à combustion. Le portail de comparaison Verivox a calculé une consommation moyenne de 7,7 litres aux 100 kilomètres. Pour les véhicules nécessitant du Super E10, cela correspond à des coûts de 14,10 euros.

L’avantage de prix des voitures électriques appartiendrait donc au passé. Au contraire, les voitures électriques menacent de devenir encore plus chères à l’usage que les véhicules à essence et diesel. Selon Verivox, en mars dernier encore, les voitures électriques étaient jusqu’à 60 % moins chères à conduire que les voitures à combustion interne.

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La hausse des coûts énergétiques est préoccupante

Selon l’Office fédéral de la statistique, les prix des produits énergétiques ont augmenté de près de 40 % en juin par rapport au même mois de l’année précédente. Le programme d’allègement du gouvernement fédéral avec la réduction temporaire de l’impôt sur les huiles minérales a légèrement atténué la hausse des prix. Le taux d’inflation pour les carburants était de 33,2 % en juin, contre 41,0 % en mai 2022.

En revanche, le prix de l’électricité pour les ménages privés a considérablement augmenté. Les prix ont augmenté de plus de 40 % par rapport au même mois de l’année dernière.

 

SOURCE : 

ECONOMIE
 

La synthèse

LA FIN DES VÉHICULES THERMIQUES,

 

UN SUICIDE EUROPÉEN

Par Judikael Hirel - Publié le 25 juillet 2022

C’est sans doute l’équivalent automobile du concept de lâcher la proie pour l’ombre. Et ce par pure idéologie. Déjà, en 2015, le Dieselgate initié par l’Agence Américaine de protection de l’Environnement (EPA) portait un premier coup de boutoir à l’industrie automobile européenne. Vu d'outre-Atlantique, les procès et affaires sont toujours une façon efficace de s’attaquer aux concurrents vous faisant de l’ombre. Mais l’approbation par le parlement européen de la proposition de Bruxelles de réduire à zéro les émissions des automobiles neuves à partir de 2035 devrait être bien pire encore.

Dans seulement treize ans, seuls les véhicules électriques seront autorisés à la vente sur le Vieux continent, au nom de la réduction de la consommation d’énergies fossiles. Soit, mais est-ce bien raisonnable tant en termes d’économie que d’écologie ? "On ne se base pas sur une décision technologique, mais politique, a pour sa part dénoncé Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA). On demande à une filière européenne n°1 mondial, facteur de souveraineté, où l’on maîtrise toute la chaine de valeur, d’arrêter presque du jour au lendemain"précisait-il récemment sur l’antenne de Sud Radio. Le premier impact de cette décision européenne sera sur l’emploi : l’industrie automobile européenne produit 7% du PIB et emploie 10% de de la main d’œuvre manufacturière. Ce sont 100 000 emplois qui sont directement menacés au sein de la filière industrielle française.

À cela s’ajoute, surtout, le remplacement d’une dépendance aux producteurs de pétroles par une dépendance minière. "Aujourd’hui, on ne fabrique pas de batteries en France. On a lancé trois gigafactories, mais pour l’instant, elles sont importées de Chine, rappelle Luc Châtel. En termes de souveraineté, nous allons devenir dépendants de la Chine, de la Russie, du Congo, du Cameroun sur l’extraction des métaux rares." Non seulement l’extraction du lithium est tout sauf respectueuse de l’environnement, mais en plus la Chine a littéralement fait main basse sur les gisements à travers le monde, en sus de ceux présents sur son propre territoire. Or les métaux rares et semi rares sont très concentrés à la surface du globe. La moitié des réserves de cobalt se trouve en RDC. Brésil, Chine et Turquie possèdent les deux tiers des réserves de graphite, l’Argentine et le Chili les trois quarts des réserves de lithium…

Cette décision européenne ouvre aussi un boulevard aux marques automobiles chinoises à bas prix. En effet, le prix de vente moyen – et la marge pour le constructeur – d’un véhicule électrique est actuellement trop élevé pour le commun des clients. En arrêtant de produire des véhicules thermiques, les constructeurs européens vont ainsi laisser le champ libre aux marques chinoises et à leurs petits modèles. Des véhicules produits en Chine, majoritairement à partir d’énergie générée par… des centrales à charbon ! 

"Grâce au boulevard que nous venons de leur offrir, ce sont près de 80 labels chinois qui pourraient, à relativement brève échéance, débarquer sur l’Ancien continent !", 

soulignait une tribune récemment publiée par Capital.

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DANS MOINS DE 35 ANS IL N'Y AURA PLUS DE POMPES A DIFFERENTS CARBURANTS D'ORIGINE FOSSILE 

 

Dans quelques années, y aura-t-il assez de clients pour acheter des voitures électriques coûtant 50% plus cher que les thermiques, accessoirement très rentables pour les marques, qui gagnent plus en vendant moins de véhicules ? Disposera-t-on d’assez de bornes de recharge pour tant de voitures ? Et, dans le nouveau contexte d’économie de guerre engendré par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, disposera-t-on seulement d’assez d’électricité décarbonée pour les faire rouler ? En 2030, après une décennie à marche forcée vers le tout électrique, il sera de toutes façons trop tard pour faire marche arrière.